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La convivialité appliquée aux smartphones

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Ils sont devenus l’extension de notre main. Ils sont devenus indispensables : dans les transports, à la maison, à l’école ou encore au travail, nous sommes tous en permanence sur nos téléphones. Dans la suite des articles que j’ai proposé d’écrire sur la convivialité appliquée aux outils, la question de la place du smartphone/ téléphone dans notre quotidien s’est donc posée naturellement.

Le but de cet article sera donc de déterminer si le smartphone est un outil convivial, ou du moins donner des pistes de réflexion.

J’ai déjà donné une définition de la convivialité dans l’article ci-contre. Mais pour faire simple :

”Conviviale est la société où l’homme contrôle l’outil.”

Les premières questions devraient déjà vous venir à l’esprit. Êtes-vous réellement au contrôle lorsque vous utilisez votre smartphone ? L’utilisation que vous faites de votre smartphone sert-elle toujours un but ? Le smartphone est-il au main d’un corps de spécialistes ?

Je propose d’analyser ces questions sous deux angles : la nature et la fréquence de l’utilisation de nos smartphones à travers l’analyse des différentes fonctionnalités qu’ils offrent; ainsi que l’objet en lui-même…

  1. Une concentration de tous les objets – le caractère incontournable des smartphones

Aujourd’hui, les smartphones ou téléphones intelligents, font pleinement partie de notre quotidien. Alors que l’utilisation du téléphone autrefois se limitait à téléphoner, les smartphones nous permettent de faire une multitude d’actions. Que ce soit la possibilité de prendre des photos, d’écouter de la musique, de surfer sur internet, de lire l’heure, de programmer une alarme ou encore de mesurer son rythme cardiaque, ils permettent quasiment de tout faire.

La puissance que l’on donne à ces outils mérite d’être étudié. Certains pourraient arguer à quel point il est pratique de concentrer tous ces objets en un seul, que ce soit pour des raisons économiques ou pratiques. Et, il est vrai qu’auparavant il nous fallait un MP3 pour écouter de la musique, un lecteur CD ou encore un tourne-disque pour les plus anciens d’entre nous. Pour prendre des photos, nous avions des appareils. Pour se réveiller, nous utilisions des réveils. Pour lire l’heure nous avions des montres… autant d’objet qui aujourd’hui se retrouvent dans nos téléphones intelligents qui finalement ne nous servent que peu ou plus à téléphoner…

Et là est le paradoxe. Un outil qui était autrefois convivial car réduit à sa fonction première de créer du lien entre les personnes est devenu une prison.

Nous passons des heures les yeux rivés sur nos écrans de téléphone. Même lors d’activités récréatives, de nos repas de famille ou de moment de communion entre amis et proches, ils accaparent notre attention.

Et c’est en ce sens que les smartphones ne sont pas des outils conviviaux car plus que de rapprocher et apporter à l’homme, ils isolent. Je traiterai du cas des réseaux sociaux dans un autre article bien qu’ils fassent partie de nos usages des smartphones.

Alors quelle serait la solution ? Laisser nos smartphones pour racheter une multitude d’objet ? Un appareil photo ? Un lecteur CD ? Un MP3 ?

Auparavant, et je ne suis pas en train de dire que c’était mieux avant, mais chacun de ces moments étaient spéciaux. Pour écouter de la musique, il fallait brancher son MP3, télécharger sa musique, nettoyer son vinyle, le mettre sur le tourne-disque; on prenait les photos des moments spéciaux, on les imprimait et les mettait dans des albums… On utilisait nos montres pour lire l’heure ou des réveils pour se lever le matin. Chacun de ces objets pouvaient avoir une place dans nos espaces de vie. Maintenant, tout se résume à une expérience via les téléphones. Nous avons accès à de la musique illimitée moyennant un faible coût. Nous pouvons prendre des milliers de photos tout en sachant que nous ne les regarderons probablement plus après qu’elles aient été postées sur nos réseaux…

Vous voyez, l’utilisation des smartphone aujourd’hui ne sert plus l’homme. Le smartphone n’est pas convivial car il contrôle l’homme. Il est impossible ou du moins très difficile de vivre sans smartphone… Mêmes nos GPS sont maintenant des applications sur nos téléphones. Personne ne se déplace plus avec des cartes ou en suivant des panneaux… Ce plaisir de partir à l’inconnu ou même de marcher dans la rue sans but précis, cette liberté, le smartphone nous l’a enlevé avec la promesse de nous simplifier nos vies.

Vous comprenez donc mon point : rendus indispensables par la société et par la concentration des fonctionnalités (même écrire des mails se fait via smartphone aujourd’hui), le smartphone contrôle l’homme. La fin a remplacé le moyen.

Et cela nous conduit à notre second point, la fréquence d’utilisation.

2. Des temps d’écran records

    Il n’est pas rare que des enfants en bas âge possèdent des smartphones. Habitués alors très jeune à leur utilisation, ils savent parfaitement naviguer entre les différentes applications (Netflix, Youtube etc..). Comment expliquer que nous ne puissions plus nous passer de ces outils devenus quasiment vitaux ?

    La société nous demande d’être connecté en permanence. De ne jamais manquer la dernière tendance, d’être tout le temps joignable que ce soit pour sa famille, ses proches ou son entreprise. Il faut consulter ses mails pour y répondre le plus vite. Plus besoin d’ouvrir son ordinateur. Je peux le traiter avec mon smartphone. Il faut mettre à jour un fichier sur Excel, préparer une réunion ou un schéma, la réponse à ces tâches peut être le smartphone.

    Et il remplit très souvent parfaitement ce rôle. Pensé par une horde de spécialistes de la Silicon Valley et des experts en sciences cognitives du cerveau, tout est fait pour que les notifications ou les stimulations permanentes du smartphone nous envoient des pics de dopamine.

    Et comment combattre cela ? La première chose que la plupart d’entre nous fait est de désactiver l’alarme de son smartphone le matin. Puis, nous voulons voir les dernières vidéos ou reels sur Instagram ou si nous n’avons pas reçu de message. Et finalement, pourquoi ne pas regarder deux ou trois TikToks avant de se lever ? Cela ne me fera pas de mal. Et voilà, la journée démarre avec ce qui restera tout le long de la journée notre préoccupation. Si la première action de notre journée est de prendre le téléphone dans notre main, le combat est presque déjà perdu. Dans les transports, peu de personnes ne seront pas sur leurs téléphones. Les rares qui oseront lire auront alors leurs écouteurs branchés comme pour s’échapper du monde ultra connecté qui les entoure. Puis, notre journée se poursuit jusqu’au coucher, moment fatidique pour un dernier « scroll » (action de regarder des courtes vidéos dans un fil d’actualité infini) avant de programmer son réveil pour le lendemain matin.

    Et voilà comment nous nous retrouvons à être esclaves de nos smartphones.

    Alors comment faire une détoxication et se détacher de ces outils ou du moins les rendre plus conviviaux ? Comment récupérer le contrôle ? Comment redevenir maître de son attention et de son temps ?

    3. Rendre les smartphones plus conviviaux, est-ce possible ?

      Oui. Réduire notre utilisation des smartphones n’est pas un rêve vain. Il s’agit d’actions qu’il faut rigoureusement mettre en place.

      Alors comment faire concrètement ? En donnant moins de pouvoir à ces objets. Ne prenez plus de photos avec votre smartphone, acheter un petit appareil. Prenez-vous une montre et un réveil pour contrôler votre journée. Et pourquoi ne pas investir dans des CD, aller à des concerts ou pratiquer un instrument pour redécouvrir le plaisir d’écouter de la musique ? Il existe des moyens économiques ou gratuits pour réaliser ces activités sans user de son téléphone.

      Il faut que vous ayez le courage de rendre de nouveau, toutes ces tâches que le smartphone vous a facilité, authentiques. Dans le sens où chacune de ces expériences se doit d’être non pas exceptionnelles mais spéciales. Ecoutez de la musique dans une pièce différente de temps en temps, essayez de ne lire vos mails que sur votre ordinateur ou sortez marcher sans votre téléphone avec une carte pour essayer d’atteindre un lieu ou alors sans but précis, perdez-vous et retrouvez-vous. Retrouver des moments de simplicités dans vos actions de tous les jours. Voilà la méthode qui me parait vitale pour redonner du pouvoir et du contrôle à l’homme sur les smartphones.

      4. L’obsolescence programmée et le contrôle par un corps de spécialiste :

      J’aimerais ici aborder un dernier point qui fait que nos smartphones ne sont pas conviviaux. Il s’agit de la réparabilité et de l’obsolescence programée. Ces objets sont devenus tellement complexes et de véritables boîtes noires. Seulement un corps de spécialistes peuvent réparer ces objets lorsqu’ils n’ont pas été conçus pour cesser de fonctionner après un certain temps.

      Certains constructeurs font cesser la garantie lorsqu’un utilisateur essaie d’ouvrir son téléphone afin de le réparer pour les forcer à passer commande chez eux pour les pièces de rechange et la réparation.

      Ce point est plus difficile à combattre car il s’agit d’une lutte que doivent mener les consommateurs pour des produits plus durables. Cela ne sera que bénéfique pour la planète et aussi pour l’homme de manière générale.

      Un outil dont on ne connaît ni le fonctionnement, ni la fabrication et dont on ne maîtrise pas le cycle de vie, ne peut en aucun cas être un outil convivial.

      Conclusion :

      J’ai abordé dans cet article la fabrication, les fonctionnalités l’usage que nous avons des smartphones. J’ai essayé de montrer en quoi ces outils ne sont plus conviviaux dès lors qu’ils regroupent toutes ces fonctionnalités indispensables pour vivre en société (est-ce vraiment le cas ?), en quoi leur réparabilité est un souci pour l’environnement et la maîtrise de l’outil, et en quoi notre fréquence d’utilisation de ces objets montre notre addiction.

      Finalement, la fin a remplacé le moyen.

      J’ai donné des pistes de réflexions et solutions pour entamer le processus inverse qui consiste à reprendre en main cet outil.

      Mais pour approfondir cette analyse, j’aborderai dans un prochain article les applications des smartphones et en particulier les réseaux sociaux qui à eux seuls jouent un rôle destructeur, aussi paradoxal que cela puisse paraitre, du tissu social et de la communauté.

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