La convivialité est un concept qui m’a fait remettre en question beaucoup d’aspects de ma vie. Lorsque je suis tombé un peu par hasard sur l’oeuvre d’Illich cela a été un vrai bouleversement. Comment un homme, dans les années 70, mettait des mots si bien sur un mal qui bien des années après ronge toujours la société ?
Après avoir lu 4 livres d’Illich, (La société sans école, La convivialité, Le chômage créateur et Energie et équité), je me suis demandé qui était l’homme derrière ces idées.
Dans la biographie, Ivan Illich l’homme qui a libéré l’avenir, l’auteur, Jean-Michel Djian, décrit un homme dont le génie et la vision l’ont souvent rendu incompris par ses contemporains.
Pionnier de l’écologie radicale, pourfendeur de l’école et des institutions dont il considère que les moyens ont replacé la fin, Illich défend une société où les outils sont réellement au service des hommes et des communautés.
Ses détracteurs lui ont reproché de souligner les problèmes sans pour autant proposer de solutions viables. D’accord pour une société sans école mais quelle en serait l’alternative ?
Dans les années 70 et 80, après avoir gagné une réputation de pamphlétaire, Illich comprend que la gauche politique ne mènera qu’un combat de façade. Et il a raison, dans les programmes politiques actuels de la gauche, il n’est jamais fait mention de sortir d’une société industrielle basée sur la consommation…
Progressivement, Illich délaisse ce combat pour se centrer sur ce qu’il considère comme essentiel : l’amitié. Cultiver ses amitiés nombreuses, discuter, échanger des idées, partager des repas avec ses amis voilà ce qui constituent l’un des piliers de la vie d’Illich.
Ce que je retiens de cette biographie, au-delà du génie de l’homme, de sa relation particulière avec l’Eglise dont il considère que la mission a été pervertie (il est curé et ne sortira jamais des ordres malgré de multiples conflits), c’est qu’il place l’amitié au centre de tout. La convivialité véritable ne pourra se faire sans que les hommes et les femmes ne lient une amitié véritable.
Alors que la bataille pour une société plus sobre, contre les déboires d’une société industrielle semblent aujourd’hui perdue, la biographie d’Illich nous apprend que lorsque le monde extérieur nous semble s’écrouler, il faut se recentrer sur son soi-intérieur.
Karl

Laisser un commentaire