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Critique de la société industrielle et convivialité. “Une société sans école”

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Vous l’aurez compris, dans la convivialité et la pensée illichienne résident une vive critique de la société industrielle et des institutions associées. Que ce soit les instances médicales (”Némésis médicale”, 1975), l’école (”Une société sans école”, 1971) ou les instances politiques, toutes jouent un rôle crucial dans la course sans fin que représente la société industrielle, productiviste et consummatrice dans laquelle nous vivions.

Dans cet article, je reviendrai sur la critique de l’école en tant qu’institution que fait Illich dans “Une société sans école”.

Publié en 1971 sous le titre de “Deschooling society”, il sera traduit, de manière erronée, “Une société sans école”. Cette erreur de traduction contribuera en grande partie au succès du livre en France.

Dans ce livre, Illich défend que l’école, plutôt que de nous apprendre à apprendre, forme les élèves à être de parfait consommateur – de biens et services. C’est-à-dire que le bon élément est celui qui restera le plus longtemps à l’école, le Graal étant la thèse ou des études post-doctorales. L’école commence à 5/6 ans et se termine à presque 30. Puis, ce même élève rentrera dans une institution publique ou privée mais dans les deux cas son bohneur sera assimilé ou mesuré à sa capacité à consommer toujours plus – la belle voiture, la belle maison, le dernier téléphone à la mode ou encore l’accès aux derniers soins médicaux.

Là où le rôle de l’école devrait être de s’éduquer, le/la professeur(e) joue le rôle d’un maître ou tuteur implacable dont l’objectif est de former le parfait petit consommateur. In fine, le maître est le futur responsable du salarié. L’élève doit respecter le fait d’être dans un espace confiné pendant des horaires bien précis où un programme indgeste, qu’il n’a pas choisi lui sera donné et présenté comme seule façon de s’éduquer.

Et le diplôme est la sanction qui vient récompenser les bons élèves et punir les mauvais.

Sans diplôme, impossible de faire carrière. Sans l’autorisation des institutions en charge, impossible de construire sa maison, d’enterrer ses morts ou d’entreprendre des travaux dans son quartier.

On touche ici une critique plus globale des institutions.

Mais pour en revenir à l’école, Illich nous dit qu’elle produit des cancres. Les enfants des quartiers défavorisés, loin de s’émanciper, trouvent maintenant une raison de se sentir inférieur aux enfants des beaux quartiers.

Et quand bien même l’ascenceur social semblait fonctionner en France, il s’agit toujours d’une minorité qui arrive à s’élever (grâce à leur mérite).

C’est le fameux : “Si on veut on peut !”

Alors si Illich critique l’école en tant qu’institution, que propose-t-il comme solution ? Il a créé le CIDOC, Centro Intercultural de Documentación (Centre interculturel de documentation) en 1966, qui est une université libre selon un modèle illichien où les étudiants ne gagnent pas de diplômes mais choisissent ceux sur quoi et par qui ils veulent être formés.

Il s’agit là d’une solution mais l’université a été fermé dès 1976 par Illich, sentant que le but n’allait ou ne pouvait être atteint.

Ce que ses détracteurs lui reprochent c’est le manque de solution. Ces livres sont alors réduits à des pamphlets. C’est bien beau de critiquer mais en attendant que fait-on ?

Ce genre de pensée pousse vraisemblablement au statut quo car près de 50 ans après, nous en sommes toujours au même niveau sur le plan écologique pour ces mêmes raisons. L’état ou les gouvernements successifs ne veulent pas prendre de décision pour faire les réformes nécessaires.

Dans la même veine, Illich critique grandement les institutions médicales et notamment le corps médical car il s’agit là d’un groupe très anti-convivial. Il a réussi a s’accaparer la connaissance des soins. Il définit ce qui est bon pour chacun. Ce qu’il doit consommer (quel traitement, quels médicaments etc..).

La professionnalisation de l’ensemble de corps de métiers a produit une société où la fin a définitivement remplacé les moyens.

Ainsi, l’école fonctionne comme une industrie, les élèves étant le produit. Alors pourriez-vous imaginer une société sans école ? Une société où chacun choisit comment il veut contribuer au bien-être de sa communauté ?

50 ans après la sortie d’ ”Une société sans école”, je pense qu’il est encore temps de se poser les bonnes questions pour trouver des pistes de réflexions/ solutions aux problèmes de l’école en tant qu’institution productiviste.

Karl

Une réponse à « Critique de la société industrielle et convivialité. “Une société sans école” »

  1. […] encore une fois est-ce souhaitable ? Est-ce réellement la société sans école dont Illich nous parlait ? Est-ce réellement la révolution du système éducatif que l’on […]

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